Pour que vivent nos langues !

Le jeudi 18 juin 2020, une délégation du collectif Pour Que Vivent Nos Langues, dont l'IEO fait partie, remettait à l'Élysée une lettre adressée au Président Emmanuel Macron

Comunicat de premsa deu collectiu Pour Que Vivent Nos Langues

Le 18/06/2020

 

Soutenu par 100 parlementaires, le collectif Pour Que Vivent Nos Langues remette leur appel au Président de la République

Ce jeudi 18 juin, une délégation du collectif Pour Que Vivent Nos Langues s’est rendue à l’Elysée pour remettre leur appel du 18 juin, en faveur de la diversité du patrimoine linguistique en France.

Cette initiative est activement soutenue par 100 parlementaires Français preuve que la question du sort réservé aux langues régionales est réellement préoccupante pour la representation parlementaire. La remise par le collectif de cette lettre au Président de la République s’inscrit également dans la perspective de la Tribune publiée dans le quotidien Le Monde du 13 février par 128 Universitaires, alertant l’Etat sur la disparition programmée des langues régionales s’il n’y a pas de réaction immédiate et ambitieuse en leur faveur.

 

Créé à la rentrée 2019, le Collectif Pour Que Vivent Nos Langues s’est constitué en réaction aux conséquences linguicides de la réforme du lycée et du baccalauréat du Ministre Jean-Michel Blanquer, dont les effets sont désastreux pour la place des langues régionales dans le système éducatif français.

 

A l’initiative du collectif, une manifestation regroupant un millier d’enseignants, élèves et parents d’élèves, responsables associatifs, acteurs culturels et politiques s’est déroulée devant les locaux du Ministère de l’Education nationale le 30 novembre dernier à Paris.

 

Devant le refus de dialogue du ministre de l’Education nationale, le collectif a décidé de s’adresser directement au Président de la République, dans la perspective des engagements pris lors de la campagne des élections présidentielles. Cette lettre ouverte doit permettre de faire naître un dialogue dont l’issue est un enjeu majeur pour la société française : l’avenir de la diversité de son patrimoine culturel et linguistique.

Letra deu collectiu Pour Que Vivent Nos Langues a Emmanuel Macron

 

À Monsieur Emmanuel Macron,

Président de la République

Le 11 juin 2020

 

Monsieur le Président de la République,

 

Notre collectif représente les acteurs associatifs œuvrant pour la défense et le développement des langues territoriales en France, comprenant des acteurs du monde éducatif et culturel engagés dans la transmission de ces langues, dans tous les territoires concernés par cette pratique éducative : Alsace-Moselle, Bretagne, Catalogne, Corse, Flandre, Occitanie*, Pays Basque, Savoie.

Ce Collectif, constitué à la rentrée scolaire de septembre 2019, s’alarme des conséquences dévastatrices pour la place des langues régionales dans le système éducatif français induites par la réforme du lycée et du baccalauréat, menée par le Ministre de l’Éducation nationale, M. Jean-Michel Blanquer.

Nous avons manifesté le 30 novembre dernier avec un millier d’enseignants, élèves et parents d’élèves, responsables associatifs, acteurs culturels et politiques, pour dénoncer les effets « linguicides » de cette réforme au mépris de l’article 75-1 de notre constitution, au mépris de l’article 312-10 du code de l’éducation, au mépris des conventions internationales garantes des droits culturels et linguistiques, et en opposition avec vos propres engagements électoraux (que nous reprenons en annexe de ce courrier**) ainsi qu’avec vos déclarations comme Président de la République, notamment celle du 21 juin 2018: « Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur développement ».

Une délégation avait certes été reçue ce jour-là par les collaborateurs du ministre, mais cette esquisse de dialogue n’a connu aucune suite. Pourtant, début janvier, nous avons écrit à Monsieur le Ministre pour préciser nos demandes dans le courrier ci-joint. Nous n’avons reçu aucune réponse, aucun contact n’a été établi par le ministère.

Par ailleurs, la proposition de loi N° 321 « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion » a été débattue le 13 février, en présence du Ministre Jean-Michel Blanquer qui, au nom du gouvernement, a demandé et obtenu que soient rejetées en bloc toutes les mesures proposées pour améliorer la place des langues régionales dans le domaine éducatif, comme il l’avait déjà fait pendant la discussion de la loi pour une école de la confiance. Enfin le « plan langues » qui est mis en œuvre oublie complètement les langues de France dont l’offre va encore régresser. Nous ne pouvons interpréter cette attitude de rejet systématique de toute mesure en faveur de nos langues autrement que comme une fin de non-recevoir de sa part, et un refus total de tout dialogue.

 

Aussi, face au déni de réalité des conséquences mortifères de la réforme du lycée et au refus systématique d’améliorer le statut de nos langues malgré vos engagements, c’est à vous que nous nous adressons aujourd’hui avec l’espoir d’être enfin entendus. En effet, l’avenir de la diversité linguistique et culturelle qui existe encore en France ne relève pas seulement d’une approche éducative, même si l’Éducation doit jouer un rôle central dans la transmission des langues et cultures de notre pays. C’est tout un projet pour l’avenir de la France qui est ici en jeu.

 

La réalité de la diversité linguistique de la France ne reçoit pas une attention suffisante des institutions. La démarche éducative en faveur des langues régionales telle qu’elle a été lancée dans l’Éducation nationale et l’enseignement confessionnel depuis 1951, et dans l’enseignement par immersion dans le secteur associatif depuis les années 1970, ne peut suffire à elle seule à sauver nos langues d’une disparition à moyen terme. C’est pourtant ce dispositif modeste que la réforme Blanquer du lycée et le Plan Langues sont en train de faire disparaître, en même temps que tout espoir d’une relance de leur rayonnement.

Nous sommes atterrés par le discours de déni des conséquences mortifères de la réforme du lycée et du baccalauréat pour nos langues que répètent le Ministre et ses recteurs depuis son entrée en vigueur. Ils se cachent, pour nier ses effets massifs et destructeurs, derrière le paravent d’une soi-disant « filière d’excellence », nouvellement créée,une option d’un enseignement de spécialité (EDS) alors même que pour toute la France, cette « filière d’excellence» ne compte en tout et pour tout qu’une centaine d’inscrits pour toutes les langues régionales. De toute façon, nous ne voulons pas que l’école favorise une poignée de spécialistes, nous voulons un accès facilité pour tous les jeunes à la langue de leur territoire.

 

La réalité, c’est ce que nous craignions en début d’année scolaire, et ce que nous ne pouvons malheureusement que constater avec effroi aujourd’hui : l’effondrement des effectifs, comme la suppression et la précarisation des filières existantes dans de très nombreux établissements de l’enseignement public et de l’enseignement confessionnel. C’est en fait tout un «écosystème» qui est menacé de disparaître si des mesures réparatrices ne sont pas prises immédiatement.

Ces mesures, elles ont été proposées au Ministre de l’Éducation nationale depuis plus d’un an par les associations, par de nombreux élus et toutes les régions concernées. Malgré l’urgence d’une intervention corrective (avant que la prochaine rentrée scolaire ne vienne encore aggraver la situation), aucune des mesures proposées n’a été retenue, aucun amendement à la réforme n’a été annoncé.

Nous sommes aussi atterrés par les conséquences mortifères que va provoquer le Plan langues étrangères notamment parle « tout anglais pour tous » et le bilinguisme précoce français anglais qu’il promeut aux dépens des langues de France y compris du Français qui risque à terme de se retrouver dans une situation diglossique préjudiciable que les autres langues de France connaissent bien.

 

Notre Collectif, maintenant que les mesures liées à la situation sanitaire sont progressivement levées, reprend sa mobilisation. Nous lancerons de nouvelles actions, et nous voulons faire en sorte que la question des langues et cultures régionales ait toute sa place dans les débats généraux sur notre modèle de société qu’il faudra urgemment engager dès que nous serons sortis de la crise actuelle

Cependant, nous souhaitons très sincèrement qu’un dialogue s’instaure au plus tôt, et tel est l’objet de ce courrier que nous vous adressons. Nous espérons pouvoir rencontrer vos collaborateurs, et même vous sensibiliser directement à ce qui, répétons-le, représente un enjeu majeur pour la société française : l’avenir de sa diversité culturelle et linguistique.

 

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

* Appelons un chat un chat : l'Occitanie est le territoire ou se parle la langue occitane

** Réponse de En Marche ! aux fédérations et organismes œuvrant pour la langue et la culture occitanes. (Campagne présidentielles 2017)

​Point de vue général

Comme il a déjà été dit au « Réseau Européen pour l’Égalité des Langues », nous vous confirmons que Emmanuel Macron considère la reconnaissance des langues de France, langues régionales, comme l’un des vecteurs de l’unité de la nation. Le patrimoine culturel et linguistique de nos territoires enrichit notre pays. C’est pourquoi il a porté une attention particulière à votre requête et tient à y répondre favorablement. Une reconnaissance juridique et un statut sont indispensables. Ils passent par une loi adaptée au contexte français. En outre, les moyens de l’expression des langues régionales seront accrus. Ainsi, le candidat d’En Marche!, facilitera, dès l’école, l’apprentissage des langues et cultures régionales, dont l’intérêt éducatif, linguistique et culturel est reconnu.Les langues et cultures régionales sont des éléments du patrimoine national reconnu par la Constitution de notre République (article 75-1) .Elles font donc partie de la culture qui est une. Elles seront associées au rayonnement de la France et du français qu’Emmanuel Macron souhaite relancer par la création d’un Centre de la Francophonie. Le respect et la valorisation de sa propre diversité linguistique permettront à la France au plan international de mieux faire respecter celle du monde et ainsi contribueront à son retentissement international. À ce sujet, nous vous invitons à consulter les détails du programme à l’adresse en-marche.fr. Emmanuel Macron compte sur votre mobilisation pour participer à ce projet dès le début du prochain quinquennat. Nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs,nos sincères salutations.

 

Réponses aux différentes questions posées

Le nombre de locuteurs de l’occitan continue de diminuer en raison de la dévalorisation de la transmission sociale et familiale longtemps déconseillée, voire interdite et d’un enseignement très insuffisant, inexistant encore dans la très grande majorité des établissements scolaires. Il est indispensable d’inverser cette tendance pour assurer la pérennité de cette langue de France. Êtes-vous favorable à la définition et à la mise en oeuvre d’une politique linguistique pour l’occitan qui ait pour objectif la croissance du nombre de locuteurs et à la mise en place pour cela, de façon volontariste, de mesures et moyens nécessaires d’un niveau pour le moins comparable à celui dont bénéficient les langues basque et corse ?

Rep. : Oui, j’y suis favorable.

 

La proposition de loi n° 4096, relative à la promotion des langues régionales, enregistrée à la Présidence de l’Assemblée Nationale le 7 octobre 2016 et désormais caduque faute d’avoir pu être adoptée par les deux chambres, proposait que, comme cela se fait en Corse, l’Éducation Nationale assure une offre d’enseignement des langues régionales généralisée, sauf pour les familles qui la refusent explicitement. Êtes-vous favorable :

• À la reprise de ce travail législatif lors de la prochaine session parlementaire avec un projet de loi gouvernemental pour que la France dispose enfn d’une loi en faveur de ses langues et leur donne un véritable statut ?

Rep : Oui, une loi, compatible avec la Constitution de la France et l’unité du peuple français qui donne un véritable statut est une exigence démocratique et une mesure indispensables.

• À une modification de l’article 2 complétant la mention du français comme langue de la République par la précision « dans le respect des langues régionales » ?

Rep : Avec une loi qui assure une véritable reconnaissance et un statut aux langues régionales il n’est probablement pas nécessaire de faire une modification constitutionnelle dont on sait qu’elle serait très difficile à faire accepter. C’est un point à étudier.

 

Pour l’enseignement

 

Une convention-cadre a été signée par la ministre de l’EN et les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Cette convention présente un plan de développement mais ne donne pas d’objectifs chiffrés et n’affecte pas véritablement de moyens humains et budgétaires pour sa réalisation.

Êtes-vous favorable :

•Au chiffrage d’objectifs de développement par académie, concernant les trois modalités d’enseignement de l’occitan-langue d’oc (enseignement de sensibilisation et optionnel, enseignement bilingue à parité horaire, enseignement bilingue immersif tel qu’il est actuellement pratiqué dans les écoles associatives et laïques Calandretas et expérimenté pour le basque et le catalan dans l’enseignement public).

Rep. : Oui, pour garantir un développement progressif des trois filières d’enseignement mais en tenant compte des contraintes budgétaires.

•À l’attribution des moyens budgétaires et humains nécessaires au développement des trois filières et au rattrapage du retard de l’occitan-langue d’oc, par rap-port à d’autres langues régionales.

Rep : Oui, sous réserve des contraintes évoquées dans la réponse précédente.

• À l’élargissement des possibilités et au rétablisse-ment de celles qui ont été supprimées, notamment en2004 et 2012.

Rep : Oui, car ces possibilités supprimées, de façon injustifiée et unilatérale, ont provoqué des régressions contraires à une politique de développement.

• À la signature de conventions-cadres pour toutes

les académies concernées qui n’en ont pas encore et ignorent le cadre réglementaire ?

Rep : Oui, car d’une part, les disparités actuelles pénalisent de nombreuses familles et élèves et appauvrissent leur patrimoine culturel et, d’autre part, le cadre réglementaire doit être respecté dans toutes les académies concernées.

• À la généralisation de la présence d’un enseignement universitaire de l’occitan-langue d’oc dans toutes les universités de l’espace linguistique occitan et à la pérennisation des structures de recherches consacrées à la langue, la littérature et la culture occitanes.

Rep : Oui, car l’enseignement universitaire et la recherche sont indispensables à la connaissance et à la transmission de nos langues.

 

Il n’y a pas, au Ministère de l‘Éducation Nationale, un service spécifique chargé de mener une politique de développement de l’enseignement des langues régionales. Êtes-vous favorable à la mise en place d’un tel service ?

Rep : Oui, pour qu’il contribue à la mise en oeuvre, au suivi et à l’évaluation de la politique de développement définie.

 

L’Office public de la langue occitane (O.P.L.O.), Groupement d’intérêt public réunissant l’État et les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, a été constitué en 2016 afn de conduire la politique linguistique pour l’occitan sur 22 départements. Bien que l’État intervienne de manière substantielle pour des opérateurs publics d’autres langues sur des territoires pourtant bien moins vastes, son soutien financier à l’O.P.L.O. est inexplicablement très faible.

• Êtes-vous favorable à porter progressivement pendant la mandature, en commençant dès cette année, la participation de l’État à l’O.P.L.O qui couvre 22 départements à un niveau comparable, en valeur relative, à celle qui est attribuée à L’O.P.L.B., Office public de la langue basque ?

Rep : Oui, progressivement, car, redisons-le, nos langues régionales sont d’égale valeur.

• Êtes-vous favorable à l’élargissement des missions de l’O.P.L.O. aux régions de l’aire historique de l’occitan (Auvergne-Rhône Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur) qui n’en font pas encore partie ?

Rep : Oui, car c’est à l’Etat, en liaison avec les collectivités territoriales, d’assurer une égalité de traitement sur l’ensemble du domaine de la langue d’oc.

 

Dans le domaine du patrimoine, de la création et de la diffusion (patrimoine culturel et immatériel, théâtre,musique, danse, arts plastiques, audiovisuel, presse etc.),

Êtes-vous favorable pour l’ensemble des langues régionales au renforcement des moyens des services qui, dans le cadre de la D.G.L.F.L.F. du Ministère de la Culture et de la Communication et des D.R.A.C., doivent servir d’instances de concertation et de soutien pour les acteurs des langues et des cultures régionales ?

Rep : Oui, et les langues régionales, langues de France,langues de la République, auront leur place dans le Centre de la Francophonie que Emmanuel Macron envisage de créer.

 

Êtes-vous favorable pour l’occitan-langue d’oc à la rédaction et mise en oeuvre, avec les acteurs institutionnels et associatifs (théâtre, littérature, musique,danse, patrimoine culturel et immatériel, arts plastiques, audiovisuel, presse etc.) et les différents services de l’État concernés, d’un schéma directeur de développement et de soutien du patrimoine et de la création occitanes ?

Rep : Oui, ce sera un élément de la politique de développement à définir.

 

Êtes-vous favorable pour l’occitan-langue d’oc à l’adhésion de l’État à l’E.P.C.C. CIRDOC Centre inter-régional de développement de l’occitan. Le CIRDOC, établissement culturel public de dimension nationale et internationale, est actuellement un syndicat mixte que plusieurs collectivités territoriales souhaitent transformer en EPCC pour assurer sa pérennité. Cet EPCC, élargi à d’autres opérateurs culturels, pourrait être ainsi l’outil public de référence et d’articulation des politiques publiques pour la connaissance et valorisation du patrimoine culturel occitan.

Rep : Oui, pour assurer la pérennité de cet outil.

 

Le Conseil économique social et environnemental(national) est une « assemblée constitutionnelle composée de représentants des forces vives de la Nation » quia pour mission de conseiller le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat, dans l’élaboration des lois et les décisions relatives aux politiques publiques. Êtes-vous favorable à l’intégration dans le Conseil économique social et environnemental d’un représentant des associations et institutions qui travaillent à la promotion et transmission des langues régionales de France ?

Rep : Oui, car les associations qui travaillent comme les vôtres à la promotion et à la transmission des langues et cultures régionales de France font déjà partie des CESER et doivent donc pouvoir, comme les autres, conseiller le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat dans l’élaboration des lois et les décisions relatives aux politiques publiques.

 

Remarque :

Quimper le 21 juin 2018, le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré : « Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement. »

Le 30 novembre, à Paris, se déroulait la manifestation à l'appel du Collectif Pour que vivent nos langues. Ce collectif s'est agrégé autour d'une démarche soutenue par Paul Molac, député, et François Alfonsi, eurodéputé. L'IEO a signé l'appel (voir ci-dessous), a fait circuler la pétition en demandant à ses adhérents de le faire également en leur nom propre, et a participé à la manifestation (ci-dessous quelques images). D'autres politiques se sont également joints à ces revendications communes.

L'IEO rappelle :

  - qu'il ne dépend d'aucun parti politique, et qu'il interpelle, lors des élections, l'ensemble de la classe politique sur les questions de reconnaissance sociétale et de politique publique pour la langue et la culture occitanes ;

  - que l'association mène également ce combat au sein des structures nationale (EBLUL/ELEN France) et européenne (ELEN) auquel elle adhère (par l'interpellation des parlementaires français et européens entre-autre), ainsi qu'au niveau de l'ONU, depuis de nombreuses années ;

  - que l'association continuera ses actions quel que soit le devenir du collectif Pour que vivent nos langues ;

  - que l'ensemble de ses actions sont recensées dans ce site.

CRIDA soutenue par l'IEO

en français à la fin de ce paragraphe

Mobilizacion generala


« Pour Que Vivent Nos Langues »

Las lengas nòstas, que son l’occitan, lo basco, lo breton, lo catalan, lo còrse, lo flamenc occidentau, l’alamand estandard e dialectau alsacian, l’arpitan, las lengas d’Oïl, los creoles e las lengas autoctònas deus territòris otramarins. Totas, que resistan en França endé ne pas desaparéisher pr’amor que son listadas a l’inventari de las « lengas miaçadas de desapareishuda » establit per l’UNESCO. Ja sia lo vam mondiau en favor de la diversitat naturau e de la biodiversitat culturau e sian enfin consideradas e preservadas, ja sian los tèxtes internacionaus que governan los drets de l’Òmi e los drets deus Pòples, l’Estat francés, shens préner en compte las mantuas condemnacions de l’ONU, e’s contunha lo son tribalh de destruccion deu patrimòni immateriau millenari que son las nòstas lengas e culturas.

Que son tant feblas, adara, qu’es de la soa susvita que se parla. Las populacions concernidas que son estacadas a la sauvaguarda deu patrimòni lingüistic e culturau de los territòris. Totun, los esfòrçs deus militants, deus pairs d’eslhèves e deus ensenhaires de l’ensenhament public, de l’ensenhament associatiu e de l’ensenhament catolic, coma los benevòles e los elegits que son un hialat dense e actiu, ne s’i poden pas mei de cap a la meishanta volontat de l’Estat. En França, darrèr las aparéncias e los discors convienuts de poders publics que se succedin au cap de l’Estat, n’i a pas nada vertadèra volontat politica de hicar en plaça de politicas lingüisticas eficaças.

La situacion de l’ensenhament, un aplet essenciau de la transmission e un simbèu essenciau de la vitalitat de las lengas nòstas, qu’es emblematica d’aquesta meishanta volontat. La lei que dispausa atau : « Las lengas e las culturas regionaus que son deu patrimòni de França, lo lor ensenhament qu’es favorizat... ». Totun, que constatam lo contrari : aquesta lei coma las convencions signadas per l’Estat ne son pas arrespectadas ; demei, las diferentas fòrmas d’ensenhament (opcionau, bilingüe e immersiu) pateishin de la politica deu ministre actuau de l’Educacion nacionau, Jean-Michel Blanquer. Mei que los sons predecessors, la soa politica que’ns mena a ua acceleracion de la descaséncia de las nòstas lengas, tau qu’ac amuishan la recenta refòrma deu bachelierat, e las soas declaracions de cap au Senat lo 21 de mai passat contra l’ensenhament immersiu.

Las astacas contra l’ensenhament de las nòstas lengas que son nombrosas

i/ La refòrma deus ensenhaments au licèu e de l’organizacion deu bachielerat qu’a consequéncias tarriblas per l’ensemble de la cordèra de las lengas regionaus, com ac disen las chifras collectadas suu terrenh qu’amuishan ua baisha drastica deus efectius d’eslhèves inscrits en lengas regionaus.

ii/ Lo discors oficiau, portat en tot purmèr peu ministre e los rectors, que presenta la refòrma coma ua « avançada » qui « confòrta » e « valoriza » las lengas e lo son ensenhament. En realitat, que las fragiliza e las desvaloriza, que’us priva de tota atractivitat en suprimir possibilitats, en ajustar concurréncias e dab coeficients ridicules per las fòrmas d’ensenhament las mei espandidas. Las baishas d’efectius que poden estar a còps de 70% dens classas de licèu ! Lo Ministèri de l’Educacion nacionau qu’a donc un doble lengatge, e de mei, los mejans financèrs e umans que son insufisants per respóner aus besonhs, particularament dens daubuns territòris.
Que deploram l’arrefús de tota navèra mesura significativa en favor de las nòstas lengas dens la lei « Pour une école de la confiance » a despieit de la necessitat d’alargar l’auhèrta d’ensenhament de las nòstas lengas e las proposicions pertinentas de deputats e senators.

iii/ Que brembam l’ensenhament immersiu qu’es un aplet normau en Euròpa e dens lo monde per la sauvaguarda de las lengas miaçadas per ua lenga dominenta : peu francés au Québec (au respècte de l’anglés), peu basco o catalan en Espanha (au respècte deu castelhan), peu gallés en Bretanha Grana (au respècte de l’anglés), per l’alemand en Belgica germanofòna, etc. Qu’es donc plan ua practica reconeishuda per l’ensenhament de las nòstas lengas en França desempuish de nombrosas annadas dens lo sector de l’ensenhament associatiu dab experimentacions prometosas dens l’ensenhament public peu catalan, en Corsega o au Bascoat. Mentre que l’urgéncia e deveré estar d’espandir los metòdes immersius eficaçs a l’escòla publica e dens las escòlas privadas, segon Jean-Michel Blanquer, de cap au Senat : « Tot que deu desapareisher ! »

Totun, l’enjòc qu’es la quite existéncia deu patrimòni immateriau que portam, en Corsega, en Bretanha, en Alsàcia e en Mosela, en Catalonha, en Flandres, en Savòia, au Bascoat, en Occitània o dens d’autas regions francesas estacadas a las lors particularitats culturaus e lingüisticas.

Que’ns èm amassats endé, au Parlament europèu, a l’Assemblada nacionau, dens las collectivitats, dens las vilas e vilatges de França e d’Euròpa, un larg moviment de protestacion indignada e combativa e’s lhèvi per arrestar aquestas politicas lingüicidas e endé que sian definidas politicas lingüisticas portadosas d’espèr, com s’ac debana au Quebèc, au País de Galas o dens la communautat autonòma deu País Basco.

Donc, qu’aperam a ua mobilizacion generau contra aqueste ministre que la politica nos mia a un vertadèr lingüicide.
« Pour que vivent nos langues », mobilizam nos !
 
Amassada de cap au Ministèri de l’Educacion nacionau lo dissabte 30 de noveme a 11 òras.

 

MOBILISATION GÉNÉRALE

POUR QUE VIVENT NOS LANGUES !

 

Nos langues, ce sont l’occitan, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand occidental, l'allemand standard et dialectal alsacien et mosellan, l’arpitan, les créoles et les langues autochtones dans les territoires des Outre-Mer. Toutes résistent pour ne pas disparaître car elles figurent toutes à l’inventaire des « langues menacées de disparition » établi par l’Unesco. Malgré l’élan mondial pour que biodiversité naturelle et biodiversité culturelle soient enfin considérées et préservées, malgré les textes internationaux qui régissent les droits de l’Homme et les droits des peuples, l’État français continue son œuvre de destruction du patrimoine immatériel millénaire que sont nos langues et nos cultures.

Au point de faiblesse qu’elles ont aujourd’hui atteint, c’est de leur survie dont il est question. Les  populations concernées  sont attachées à la sauvegarde du patrimoine linguistique et culturel de leurs territoires. Cependant les efforts de nombreux militants, parents d'élèves et enseignants de l’enseignement public, de l’enseignement associatif et de l'enseignement catholique ainsi que des élus et bénévoles qui forment un réseau dense et actif, ne peuvent suffire face à la mauvaise volonté de l’État. Il n’existe en France aucune volonté réelle, derrière des apparences et des discours convenus, de la part des pouvoirs politiques qui se succèdent à la tête de l’État, de mettre en place de véritables politiques linguistiques efficaces.

La situation de l'enseignement est emblématique de cette mauvaise volonté. L'enseignement est un vecteur essentiel de la transmission et de la vitalité de nos langues. La loi dispose que « les langues et cultures régionales appartenant au patrimoine de la France et leur enseignement est favorisé ... ». Nous constatons que non seulement cette loi et les conventions signées par l’État ne sont pas respectées, mais que les différentes formes d’enseignement (option, bilingue et immersive) sont mises à mal par la politique de l’actuel ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Encore plus que ses prédécesseurs, sa politique conduit à accélérer le déclin de nos langues comme le montrent sa récente réforme du baccalauréat, et ses déclarations au Sénat le 21 mai dernier contre l’enseignement par immersion.

Les attaques contre l'enseignement de nos langues sont nombreuses.

  • La réforme des enseignements en lycée et de l’organisation du baccalauréat a des conséquences terribles pour toutes les filières de langues régionales, comme le prouvent les remontées de terrain montrant partout une chute dramatique des effectifs d’élèves inscrits en langues régionales. Le discours officiel, Ministre et recteurs en tête, présente cette réforme comme une « avancée » qui « conforte » et « valorise » ces langues et leur enseignement alors qu’en réalité elle les fragilise et dévalorise, les prive de toute attractivité par la suppression de possibilités, la mise en concurrence et par le jeu de coefficients ridicules pour la forme d’enseignement la plus répandue. C’est le règne du double langage qui continue au sein du Ministère de l’Éducation nationale, d’autant plus que les moyens financiers et humains sont toujours aussi insuffisants pour répondre aux besoins, particulièrement sur certains territoires.

  • Le refus de toute nouvelle mesure significative en faveur de nos langues dans la loi " pour une école de confiance " malgré la nécessité d’élargir l’offre d’enseignement de nos langues et les propositions pertinentes de députés et sénateurs.

  • L'enseignement immersif est monnaie-courante en Europe et dans le monde pour la sauvegarde de langues menacées par une langue dominante : pour le français au Québec (vis à vis de l’anglais), pour le basque ou le catalan en Espagne (vis à vis du castillan), pour le gallois en Grande Bretagne (vis à vis de l’anglais), pour l’allemand en Belgique germanophone, etc… Elle est devenue une pratique reconnue pour l’enseignement de nos langues en France, depuis de nombreuses années dans le secteur de l’enseignement associatif de type Diwan (Bretagne), Seaska (Pays Basque), Calandretas (Occitanie), Bressola (Catalogne), ABCM Zweisprachigkeit (Alsace) et, plus récemment, avec des expérimentations prometteuses dans l’enseignement public, en Corse et au Pays Basque. Alors que l’urgence devrait être d’étendre ces méthodes immersives efficaces dans tous les réseaux d’enseignement, selon la déclaration de M. Jean-Michel Blanquer devant le Sénat, tout cela doit disparaître !

 

Cette situation est inacceptable. Ce qui est en jeu, c'est l'existence-même du patrimoine culturel que nous portons, en Corse, en Bretagne, en Alsace et Moselle, en Catalogne, en Flandre, en Savoie, au Pays Basque, dans l'ensemble occitan et dans bien d'autres régions françaises attachées à leurs particularités culturelles et linguistiques.

Nous nous sommes rassemblés pour que, au Parlement Européen, à l’Assemblée nationale et au Sénat, dans les Collectivités, villes et villages de nos territoires qui portent la diversité culturelle de la France et de l’Europe, un large mouvement de protestation indignée et combative se lève pour arrêter ces politiques linguicides et pour que soient enfin décidées des politiques linguistiques porteuses d’espoir pour l’avenir à l'image de ce qui se fait au Québec, au Pays de Galles ou encore dans la communauté autonome du Pays Basque.

 

NOUS APPELONS À LA MOBILISATION GÉNÉRALE CONTRE CE MINISTRE DONT LA POLITIQUE CONDUIT À UN VERITABLE LINGUICIDE !

POUR QUE VIVENT NOS LANGUES MOBILISONS-NOUS !

 

RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE SAMEDI 30 NOVEMBRE 2019 À 11 HEURES

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